La drogue et la neige

L'industrie néerlandaise des coffeeshops est grande consommatrice de produits (beuh, shit, cannabis, chichon et autre superskunk) qui sont illégaux en trop grande quantité. Mais comme ce commerce est florissant et qu'il amène des touristes par la porte de devant, la police ne met pas trop son nez sur ce qu'il se passe par la porte de derrière. Elle préfère laisser les utilisateurs tranquilles et se concentrer sur les gros trafics[1].

Se sont donc multipliés aux Pays-Bas des fermes de cannabis donc l'activité ne peut pas être déclarée parce que la loi la juge illégale. La police traque ces fermes, cachées dans des appartements bon marché et des jardins aux clôtures opaques. Une des techniques pour détecter ces fermes clandestines est d'éplucher les consommations d'électricité au m². Les appartements couverts de lampes chauffantes et d'humidificateurs d'air consomment trop pour être à usage d'habitation... Une autre technique est d'attendre qu'il neige...

culture-cannabis-nuit-neige.jpg Il neige la nuit mais la chaleur de la ferme fait fondre la neige sur le toit. (Photo: Erik Bras)

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Drones, attention aux aigles policiers

Comme le titrait une dépêche AFP de saison, les drones ont connu un beau succès cette année sous les sapins. Si les français le liste en haut de la liste avec les montres connectées, les Néerlandais aussi le compte comme Populair kerstcadeau voir Populair sinterklaascadeau . Mais attention où les faire voler.

Le site drones.nl profite de l'occasion de noël pour se moquer de tous ceux qui filment leurs accidents de débutants. Je ne résiste pas moi même à partager ces vidéos rigolotes.

Ce même site rappelle les règles à suivre avant de faire voler son nouveau drone.

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Les français surveillent la stabilité des maisons

On vante souvent le savoir faire de ingénierie néerlandaise en matière de canaux et d'îles artificielles[1]. On vante beaucoup moins ce savoir-faire quand on évoque la construction de la Noord-Zuidlijn, souvent repoussée et sujet d'accidents remarquables[2]. Ce qu'on oublie souvent c'est de vanter le savoir-faire français pour la surveillance de la stabilité des maisons tout au long de la ligne.

Les maisons d'Amsterdam reposent sur des pieux en bois enfoncées profondément dans un sol sablonneux. La cohérence du sol est assurée avec la nappe phréatique et les travaux souterrains du métro sont un risque pour cet ensemble fragile. Les vibrations d'un tunnelier mal orienté ou une fuite dans un voussoir peut déstabiliser l'ensemble et mettre les maisons du centre ville en danger. Les travaux sont calculés au mieux mais comme il y a toujours des aléas, il faut aussi mesurer régulièrement la stabilité des maisons.

Ces le rôle de ces drôles de machines accrochées dans des cages sur les murs le long de Damrak, Rokin, Vijzelgracht et Ferdinand Bolstraat. Les plus observateurs auront déjà vu ces appareils changer de cible alors que les touristes contemplent le galbes des pignons.


Un théodolite Leica série 1000, sur support, pour auscultation automatique d'ouvrages, avec en premier plan, un des nombreux réflecteur catoptrique utilisés, sur lesquels l'appareil fait des mesures répétées pour détecter des éventuels mouvements des maisons

Notes

[1] Comme dans le golfe persique évoqué en forme de tulipe|/un-polder-en-forme-de-tulipe]

[2] Voir les articles sur Des travaux qui n'en finissent toujours pas et Les maisons d'Amsterdam s'enfoncent

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Le Amsterdam des touristes et celui des locaux

Amsterdam Tourists and locals En cette période de rentrée penchons nous sur les vacances et son corollaire, le tourisme. Après les cartes des tweets néerlandais, un autre spécialiste a fait une étude sur les données partagés par les internautes. Cette fois c'est le partage de photos qui nous intéressent et qui dit photos dit photos de vacances. Voici le Amsterdam des touristes… et celui des locaux.

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Randstad et Monster

randstad_monster.png En vous présentant la région du Randstad, je vous promettais de vous présenter la compagnie. C'est l'actualité qui me le fait faire aujourd'hui puisque la holding qui porte le nom de la conurbation néerlandaise vient de racheter le site d'annonces de recrutement Monster pour $429 million de dollars (environ selon le communiqué de presse).

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Reférendum: Les Pays bas sont encore contre

Etes-vous pour ou contre la ratification de l'accord d'association entre l'Union européenne et l'Ukraine ? C'est la question qui était posé hier à l'ensemble des néerlandais par voie référendaire. (Bent u voor of tegen de wet tot goedkeuring van de Associatieovereenkomst tussen de Europese Unie en Oekraïne?).

Ça peut parraitre assez futile comme question, pas de grand choix de société ou constitutionnel mais c'est tout ce que les partis anti-européens ont trouvés pour gripper la mecanique européenne des Pays bas. Et ça marche. Le quorum de plus de 30% a été atteind et le contre (Tegen) est sorti majoritaire de manière écrasante.

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Nouveaux tarifs postaux en France

Vous avez peut-être remarqué les publicités de la poste pour ses nouveaux tarifs postaux, en vigueur depuis le premier janvier 2016 (bonne année). Ces publicités insistent sur le coté pratique de l’affranchissement avec le timbre pour unité de compte. 20g = 1 timbre, 20 à 100g = 2 timbres etc. Le coté pratique est incontestable, un carnet de timbres permet de réaliser tous ses affranchissements au centime prêt.

timpres-poste-marianne.png

Cette bonne idée est en usage aux Pays bas depuis au moins 2006 année de l'ouverture de mon blog (10 ans déjà) et je vous l'expliquais en concluant par un : « Il y a quand même un coté pratique qu'on ne saurait retirer à TPG Post. Une idée à exporter ». Depuis, la poste a changé de nom deux fois mais l'idée est restée.

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Le gouvernement dit non aux portes dérobées

Depuis l'année dernière et les attentats de Charlie, le gouvernement de la France a réagit fortement, à la hauteur de l’émotion suscitée. Hélas, la réaction n'a pas été d'exiger des services de police et de renseignement une organisation plus efficace mais plutôt renforcer leur pouvoir au détriment des libertés publiques. Il est vraisemblablement plus facile de faire des lois que de veiller à ce qu'elles soient bien utilisées[1].

Le gouvernement a ainsi fait voter la fameuse loi sur le renseignement qui a été pourtant décriée de toutes part, alors que plusieurs lois sécuritaires avait été mise en place les années précédentes. Depuis les attaques du 13 novembre dernier, de nombreuses mesures d'urgence ont été prises et déjà le ministre de l'intérieur pense à nouveau à légiférer pour supprimer encore des libertés sans vraiment savoir si ces mesures sont efficaces[2]. Ainsi dernièrement, il est question de supprimer les accès publics au Wifi, bloquer l'utilisation de Tor[3] ou bien forcer les éditeurs de logiciels de messageries et de téléphone chiffrés, à donner aux agents du gouvernement les moyens de déchiffrer ces communications.

Sur ce dernier point, le gouvernement de la France n'est pas le seul, au Royaume Uni et aux Etats-Unis aussi, il est fait pression sur les éditeurs de logiciel pour qu'ils livrent un moyen de lire les communications chiffrées. Les éditeurs résistent tant que la loi ne les y oblige pas, ils savent que la divulgation de leurs clefs de déchiffrement ou l'installation de portes dérobées (un accès secret au logiciel réservé aux services de renseignements) rendra leur logiciel plus vulnérable et que les clients risquent de se tourner vers d'autres solutions.

Le risque que ces clefs de déchiffrement se retrouvent en de mauvaises main est pris au sérieux, à l'image des clefs «TSA»[4] des bagages, facilitant le travail de la police des frontières américaine et dont les passes sont facile à acquérir par qui veut voler des passagers. Mais les éditeurs ont beau expliquer au gouvernement que cette mesure sera inefficace parce que d'autre logiciels de communication chiffrée passeront sous le radar et que de toutes façons les tueurs du 13 novembre ont envoyé des simples sms sans être détectés, il font face à la même insistance. Le gouvernement ne cherche pas forcément des mesures efficaces mais des mesures marquantes qui montrent qu'ils s'occupent du problème et qui rassurent.

Aux Pays Bas

Qu'en est-il dans le petit royaume batave du nord ? Bien qu'affectés par le les événements en France (l'épisode du Thalys d'Amsterdam leur a montré la proximité du danger), le gouvernement ne semble pas compter sur une modification des lois pour renforcer le sentiment de sécurité. Il se préoccupe néanmoins de l'efficacité de sa police et a présenté à l'automne un projet de loi pour aider les services à lutter contre la criminalité en ligne (computercriminaliteit ou cybercrime). Cette loi devrait donner aux policiers des moyens de hackbevoegdheid, c'est à dire le droit d'utiliser le hacking pour pénétrer les systèmes informatiques tiers sans autorisation préalable. Actuellement cette action est illégale pour quiconque, même pour la police.

Chargé d'examiner ce projet de loi, le parlement se pose la question de l'accès à l'information par des portes dérobées délivrées par les éditeurs de logiciels. La réponse vient être donné hier dans un rapport du ministre de la justice Ard Van der Steur dans une réponse détaillée publiée sur le site de la chambre basse en réponse à une question au gouvernement.

Sa réponse est claire : pas d'accès par portes dérobées aux Pays bas. même si cela ralentit parfois le travail de la police, le risque de fragiliser des logiciels utilisés par de nombreux acteurs économiques dans le pays est un risque trop grand. Le secret des affaires, la vie privée et la sécurité des sites bancaires (par exemple) doivent pouvoir être chiffrés (encryptie) de manière sûre. Ce sont des choses trop importantes pour risquer des les compromettre pour faciliter le travail de la police, alors que celle-ci dispose de suffisamment d'autres moyens. Voilà en substance ce qu'explique le ministre Van der Steur dans son PDF de 5 pages.

Il rappelle que la cryptographie est un élément essentiel aux échanges économiques du pays et que le gouvernement veut s'assurer que cette dernière est développée de manière sérieuse.

On se souvient de l'affaire diginotar où le gouvernement a été victime d'un mauvais acteur de l'industrie de cryptographie et tient à s'assurer que la chaine de la sécurité est la plus solide possible pour assurer un socle sécurisant pour l'économie qui se fait le plus en ligne. Donc non, pas de porte dérobée pour la police ni pour personne.

Notes

[1] Alors que c'est pourtant le rôle de l'exécutif non ?

[2] Il semblerait que les mesures précédentes n'ait servi à rien et que les attentats de janvier ont été facilité par une désorganisation des services de renseignements français.

[3] Un dispositif permettant d'utiliser le web de manière anonyme. Voir Tor sur wikipedia.

[4] pour Transportation Security Administration

Le journal d'Anne Frank entre dans le domaine public

Il ne se passe pas une semaine sans que la folie des ayant trop de droits ne fasse l'actualité avec des décisions agressives ou des raisonnements alambiqués pour expliquer leur cupidité. C'est au tour d'Anne Frank, une enfant d'Amsterdam, d'en être la victime.

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Fairphone, le téléphone éthique

Beaucoup d'entre vous connaissent déjà le fairphone et j'en connais qui l'utilisent mais pour les autres, je pense que ce billet est bienvenu pour découvrir un téléphone qui se veut éthique au moment ou sa version 2 va bientôt se retrouver dans les poches des happy few qui font de la planète un critère d'achat (Non ce n'est pas encore un article à propos de la COP21).

fairphone-2.jpg

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