La dépénalisation de la vente de petite quantités de cannabis est un grand sujet de discution politique aux Pays-Bas. Le précédent gouvernement avait ouvert le débat sur la porte de derrière. Le nouveau gouvernement, plus conservateur, est tenté de restreindre cette tolérance. Comme toujours, les villes, qui sont en charge de l'application de la loi ne se privent pas de donner leur avis et d'apporter leur pierre au débat.

Depuis de nombreuses années certaines communes frontalières se plaignent des nuisances apportées par ceux que l'on appelle touristes de la drogue, généralement des français et des belges venant fumer ou s'approvisionner dans les coffeeshops du sud du pays. Les villes de Maastricht et de Rosendaal étant apparemment les plus touchées, elles ont pris des mesures pour faire ouvrir des coffees à la périphérie des villes. Mais de leurs récriminations est née l'idée de réserver les coffeeshops aux néerlandais. Ces commerces deviendraient des clubs privés ou l'entrée serait réservés aux membres et le consommateur de passage serait exclu. Aucune loi n'est encore votée mais les discussions continuent sur ce sujet. L'échevin d'Utrecht, M. Victor Everhardt défend une expérience qui sera menée dans sa ville[1] Le ministre de la santé, M. Opstelten, envisage de faire passer cette mesure introduisant une «carte cannabis » (wietpas) en 2012[2].

La nouvelle discussion au parlement porte sur une proposition qui interdirait la vente de produits contenant plus de 15% de THC en les listant comme drogues dures. Le THC, (Tétrahydrocannabinol), est la substance psychotrope qui donne sont effet au cannabis. Les Néerlandais se sont rendu maitres dans la production de plants de cannabis à forte teneur en THC comme les skunk, haze, white widdow et northern light. L'interdiction envisagée rendrait illégale la vente de cannabis produit aux Pays-Bas mais nombreux sont les parlementaires qui montrent l'hypocrisie de la mesure puisque la production de ces produits est déjà interdite. Interdiction qui n'empêche pas les produits de se retrouver dans les coffeeshops. Comme le souligne le Telegraph[3]. Le gouvernement veut donc contrôler la qualité d’un produit illégal. Jusqu’où ira l’hypocrisie ?.

D'ici à ce que ces lois soient votées et promulguées et l'eau aura coulé sous les ponts qui enjambent les canaux. Les nombreux touristes de la drogue en herbe qui commentent un texte qu'ils n'ont pas lu peuvent donc continuer à échanger leur doutes. Rien n'est décidé.

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